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Qu’est-ce que le rétrofit électrique ? Tout comprendre en 5 minutes

Et si la voiture de demain était déjà garée devant chez vous ?

C’est l’idée derrière le rétrofit électrique : plutôt que de fabriquer de nouveaux véhicules électriques,  avec tout ce que cela implique en termes de ressources, d’énergie et d’émissions, on transforme des véhicules thermiques existants en véhicules 100 % électriques à batteries.

Moins de destruction. Moins de gaspillage. Et une empreinte carbone considérablement réduite.

Le rétrofit électrique suscite un intérêt croissant en France, en Europe et dans le Monde. Mais de quoi s’agit-il exactement ? Comment fonctionne cette technologie ? Est-elle accessible et réglementée ? On fait le point.

Le rétrofit électrique, c’est quoi exactement ?

Le terme « rétrofit » vient de l’anglais retrofit,  contraction de retroactive et fit, qui signifie littéralement « adapter rétroactivement ». Appliqué au secteur automobile, il désigne le processus de conversion d’un véhicule thermique (essence ou diesel) en véhicule 100 % électrique à batteries, en remplaçant son groupe motopropulseur d’origine par un système électrique.

Concrètement, le moteur thermique, le réservoir d’essence et le système d’échappement sont retirés. À leur place : un ou plusieurs moteurs électriques, un pack de batteries, un système de gestion de l’énergie (BMS) et un chargeur embarqué.

Le véhicule garde sa carrosserie, son habitacle, ses équipements d’origine. Seul son cœur change.

Comment fonctionne un kit de rétrofit ?

Un kit de rétrofit électrique est un ensemble de composants conçus pour être intégrés dans un véhicule spécifique. Il comprend généralement :

Le moteur électrique :  il remplace le moteur thermique et assure la propulsion du véhicule. Sa puissance est adaptée au poids et à l’usage initial du véhicule concerné.

Le pack de batteries : c’est le « réservoir » du véhicule électrique. Sa capacité, exprimée en kilowattheures (kWh), détermine l’autonomie. Plus la capacité est élevée, plus l’autonomie est importante.

Le BMS (Battery Management System) : ce système électronique surveille et régule en permanence l’état des batteries : température, tension, niveau de charge. Il garantit la sécurité et la durée de vie du pack.

Le chargeur embarqué : il permet de recharger les batteries depuis une prise domestique, une borne de recharge classique ou une borne rapide.

Les faisceaux électriques : l’ensemble des câblages qui relient les différents composants entre eux et les intègrent aux systèmes existants du véhicule.

L’ensemble est conçu pour s’intégrer dans le véhicule d’origine sans modifier sa structure portante, ce qui permet de conserver ses caractéristiques techniques, franchissement, charge utile, gabarit.

Quels véhicules peuvent être rétrofités ?

En théorie, presque tous les véhicules thermiques peuvent être rétrofités. En pratique, les solutions les plus avancées concernent aujourd’hui plusieurs segments :

Les véhicules légers et 4×4 iconiques, dont certains modèles bénéficient déjà de kits développés et homologués, notamment des véhicules tout-terrain utilisés dans des contextes professionnels exigeants.

Les utilitaires et fourgons, très utilisés par les artisans, livreurs et collectivités, pour lesquels le rétrofit représente une alternative économique à l’achat de véhicules neufs électriques.

Les autocars et bus, où le rétrofit permet aux opérateurs de transport de décarboner leurs flottes sans renouvellement complet, avec à la clé des économies significatives sur les coûts de carburant et de maintenance.

Les véhicules industriels et agricoles, encore peu couverts par l’offre de véhicules électriques neufs, représentent également un gisement important.

Quels sont les avantages du rétrofit électrique ?

Un impact environnemental immédiat

Le rétrofit permet de réduire drastiquement les émissions de CO2 d’un véhicule. Selon l’ADEME, l’agence de la transition environnementale, la conversion électrique d’un véhicule ancien réduit ses émissions de CO2 de l’ordre de 66 %. Pour les autocars et bus, ce chiffre monte jusqu’à 87 %.

Et contrairement à la production d’un véhicule neuf, le rétrofit ne nécessite pas de fabriquer une nouvelle carrosserie, un nouveau châssis, ni tous les équipements périphériques. L’empreinte carbone liée à la fabrication est donc considérablement réduite.

Des économies concrètes sur les coûts d’exploitation

Le coût d’utilisation d’un véhicule électrique est structurellement inférieur à celui d’un véhicule thermique : l’électricité coûte moins cher que l’essence ou le gazole, et les moteurs électriques nécessitent beaucoup moins d’entretien, pas de vidange, pas de courroie de distribution, pas de filtre à particules.

Pour les opérateurs de flottes professionnelles, ces économies peuvent représenter plusieurs dizaines de milliers d’euros par an et par véhicule.

La préservation de véhicules à forte valeur d’usage

Certains véhicules ont une valeur qui va bien au-delà de leur motorisation : robustesse éprouvée, adaptabilité, fiabilité mécanique connue. Les remplacer par des modèles neufs n’est pas toujours pertinent, ni économiquement, ni techniquement. Le rétrofit permet de conserver l’essentiel tout en modernisant ce qui doit l’être.

Une approche d’économie circulaire

Le rétrofit s’inscrit pleinement dans une logique d’économie circulaire : allonger la durée de vie des biens existants, limiter les déchets, réduire la consommation de matières premières. C’est une réponse concrète à la question de l’obsolescence programmée dans le secteur automobile.

Quelle est la réglementation en France ?

La France a longtemps été en retard sur ce sujet. Jusqu’en 2020, la législation héritée de 1954 interdisait purement et simplement la transformation d’un véhicule thermique en véhicule électrique.

Depuis, le cadre réglementaire a évolué. Un décret de 2020 a officiellement autorisé et encadré le rétrofit électrique en France, sous certaines conditions :

Le kit utilisé doit être homologué par le ministère chargé des transports, ce qui garantit le respect des normes de sécurité et d’émissions.

Le véhicule rétrofité doit avoir plus de 5 ans pour les voitures particulières, et plus de 3 ans pour les autres catégories.

La transformation doit être réalisée par un professionnel habilité.

Une fois converti, le véhicule bénéficie d’une nouvelle carte grise mentionnant son nouveau type de motorisation.

Cette évolution réglementaire a ouvert la voie à l’émergence d’une filière rétrofit structurée en France, un secteur en pleine construction, qui commence à attirer des investissements significatifs.

Le rétrofit en France : une filière qui s’organise

La France dispose aujourd’hui de plusieurs acteurs spécialisés dans le rétrofit électrique, couvrant différents segments de marché. Certains se concentrent sur les véhicules légers, d’autres sur les véhicules lourds, d’autres encore sur des niches à forte valeur, comme les véhicules tout-terrain iconiques ou les véhicules industriels.

Ces entreprises ne se contentent pas de développer des kits techniques : elles structurent une filière, travaillent à l’évolution du cadre réglementaire, forment des techniciens, et construisent les outils industriels nécessaires à une montée en puissance de la solution.

C’est dans ce contexte que WE DO GOOD accompagne REV MOBILITIES, leader européen du rétrofit électrique et pionnier de la filière en France. Fondée en 2022, l’entreprise a déjà livré ses premiers kits à des clients exigeants, RATP DEV, Direction Générale de l’Armement, et produit actuellement des autocars rétrofités pour la Métropole de Rouen.

REV MOBILITIES prépare aujourd’hui une levée de fonds en royalties sur WEDOGOOD.co pour financer l’industrialisation de son kit dédié au Land Rover Defender, un véhicule présent sur 5 continents, plébiscité par des dizaines d’opérateurs qui attendent de passer à l’électrique.

Pour en savoir plus sur l’opération DEFender To The People : 👉 app.wedogood.co/fr/project/rev-mobilities

En résumé

Le rétrofit électrique est une technologie mature, réglementée, et aux bénéfices environnementaux et économiques documentés. Il ne remplace pas l’électrique neuf,  il le complète, là où il est le plus pertinent.

Dans un contexte où la décarbonation des mobilités est à la fois urgente et complexe, le rétrofit représente une des réponses les plus intelligentes et les plus immédiates que l’industrie automobile puisse apporter.

Et les véhicules qui roulent déjà ont peut-être encore de belles années devant eux, différentes, mais tout aussi utiles.

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